Le coût de l’éolien en baisse à l’échelle mondiale sa compétitivité en hausse

Selon un rapport de la cabinet en conseil financier Lazard (en anglais seulement) publié en novembre 2017, le coût de l’éolien poursuit sa tendance baissière à l’échelle mondiale. Depuis 2009, le coût moyen actualisé de l’énergie éolienne terrestre commerciale non subventionnée a chuté de 67 %. Et il continue de baisser : si l’on compare au rapport de l’an passé, ce coût a reculé d’environ 6 %.

Le rapport indique un coût moyen actualisé de l’énergie éolienne non subventionnée de 30 à 60 $ US par mégawattheure (MWh), soit moins que le nucléaire (112 à 183 $ US/MWh), le charbon (60 à 143 $ US/MWh) et le gaz naturel à cycle combiné (42 à 78 $ US/MWh).

Autre point frappant du rapport : dans un contexte où se poursuit le déclin du coût moyen actualisé de l’énergie pour l’éolien et le solaire photovoltaïque commerciaux, « les coûts de construction et d’exploitation sur l’ensemble du cycle de vie de certains projets d’énergie renouvelable passent en deçà des coûts d’exploitation seuls des technologies traditionnelles comme le charbon et le nucléaire. Cela devrait favoriser le déploiement massif et continu d’énergies renouvelables ».

Le rapport 2017 de Lazard démontre que le coût moyen actualisé est en hausse pour certaines formes de production d’électricité traditionnelles comme le nucléaire, relativement stable pour d’autres sources comme le charbon, et en baisse pour des sources comme le gaz naturel – quoique cette baisse est plus lente que celle de l’énergie éolienne.

À quoi est dû ce déclin? Le rapport relève quatre facteurs :

Pression à la baisse sur les coûts de financement, vu la disponibilité de sources de capitaux qui évoluent et croissent continuellement.
Dépenses en immobilisations diminuant proportionnellement au coût de l’équipement.
Concurrence accrue entre les acteurs de l’industrie éolienne à l’heure où les marchés se tournent vers les enchères et les appels d’offres pour l’approvisionnement de puissance.
Compétences améliorées en gestion d’actifs et en activités d’opération et de maintenance.
C’est là une bonne nouvelle pour le secteur de l’électricité au Canada, qui doit continuer de privilégier les sources abordables et sans émissions pour respecter ses engagements en vertu du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Le Canada a promis de réduire, d’ici 2030, ses émissions de gaz à effet de serre dans toutes les sphères de l’économie de 30 % par rapport aux niveaux de 2005. Parmi les mesures prises pour atteindre cet objectif, notons la tarification du carbone, l’abandon de la production d’électricité au charbon d’ici 2030 combiné à une augmentation de l’apport des énergies sans émissions, l’utilisation accrue de l’électricité dans les domiciles, les bâtiments, les transports et l’industrie, et l’investissement dans les technologies propres.

Le nombre d’installations éoliennes construites au pays dans les dix dernières années surpasse celui de toute autre source d’électricité, et la puissance installée a augmenté en moyenne de 18 % par année depuis 2012. L’Ontario et le Québec mènent le bal en matière de puissance éolienne, tandis que l’Alberta et la Saskatchewan se sont fermement engagées à accroître leur utilisation de l’éolien et des énergies renouvelables pour atteindre leurs objectifs climatiques. Les autres provinces suivront assurément leur exemple afin de réduire le coût de l’électricité pour les contribuables tout en délaissant les combustibles fossiles.

Enfin, le rapport 2017 de Lazard démontre que l’éolien, grâce à une baisse de coût soutenue, est en voie de devenir la source de production d’électricité la plus abordable non seulement au Canada, mais partout dans le monde.

Robert Hornung