Les exportations américaines de gaz en infographies

En 2017, les États-Unis ont exporté plus de gaz naturel qu’ils en ont importé pour la première fois depuis 60 ans, selon les dernières données de l’EIA américaine. Cette situation devrait perdurer avec la hausse de la production de gaz de schiste et des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).

Une première depuis 1957

En 2017, les États-Unis ont produit environ 761 Gm3 de gaz naturel selon l’EIA(1), soit 0,8% de plus qu’en 2016. Le pays retrouve un niveau de production proche du pic atteint en 2015 (766 Gm3), grâce au développement du gaz de schiste. Les hydrocarbures non conventionnels ont permis aux États-Unis de renforcer leur position de premier producteur mondial de gaz naturel depuis 2009 (devant la Russie).

La consommation américaine de gaz naturel a encore très légèrement dépassé la production nationale en 2017. Grâce au recours aux capacités de stockage en hiver, les États-Unis sont toutefois devenus exportateurs nets de gaz naturel en 2017, pour la première fois depuis 1957. Les exportations de gaz vers le Mexique par gazoduc ont en particulier doublé entre 2014 et 2017 (avec l’augmentation des capacités de transport des gazoducs).

Selon les prévisions de l’EIA, la production de gaz naturel pourrait dépasser la consommation aux États-Unis dès 2018, pour la première fois depuis 1966. Précisons que la consommation de gaz naturel était, en 2017, destinée pour 34% à la production d’électricité (le gaz est la première source du mix électrique américain devant le charbon(2)) et pour 29% à l’industrie(3).

Les États-Unis vont rester exportateurs nets de gaz naturel chaque mois en 2018 et 2019 selon les prévisions de l’EIA.

Les États-Unis vont rester exportateurs nets de gaz naturel chaque mois en 2018 et 2019 selon les prévisions de l’EIA. (©Connaissance des Énergies, d’après EIA)

La révolution du GNL américain

Les exportations américaines de GNL « ont augmenté de façon spectaculaire au cours des deux dernières années, à mesure que les nouvelles capacités de liquéfaction ont été mises en service », indique l’EIA. Le site historique de liquéfaction de gaz de Kenai en Alaska a cessé ses opérations en 2015 mais le terminal de Sabine Pass en Louisiane, qui a débuté ses exportations en 2016, dispose aujourd’hui de 4 unités de liquéfaction (avec une cinquième en cours de construction).

Dans le Maryland, l’usine de liquéfaction de Cove Point a exporté son premier cargo de GNL le 1er mars 2018 et va constituer l’autre point de départ du GNL américain. Quatre autres projets d’usines de liquéfaction sont en cours de construction (Elba Island dans l’État de Géorgie, Freeport et Corpus Cristi au Texas et Cameron en Louisiane), ce qui devrait permettre de quasiment tripler les capacités américaines de liquéfaction d’ici à fin 2019(4).

La montée en puissance du GNL constitue ainsi « une seconde révolution » gazière (après le schiste) pour les États-Unis selon les termes de Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). D’ici à 2022, plus de la moitié de la hausse de production gazière américaine pourrait être exportée sous forme liquéfiée selon l’AIE, faisant alors des États-Unis un des principaux exportateurs mondiaux de GNL avec l’Australie et le Qatar.

Exportations américaines de GNL

Les exportations américaines de GNL se sont envolées en 2017, grâce à l’usine de liquéfaction de Sabine Pass. (©Connaissance des Énergies, d’après EIA)