Les majors du pétrole profitent à plein du rebond du baril

Les grandes compagnies de la planète pompent pétrole et gaz à un rythme plus que soutenu. Total a battu son record de production, qui datait de 2003.

Les majors du pétrole sont à la fête. Elles bénéficient maintenant à plein régime de la remontée des cours du brut, renouant avec de brillants résultats au premier trimestre. Dernier en date, BP a publié ce mardi un résultat net ajusté en hausse de 71% par rapport aux trois premiers mois de l’an dernier, à 2,59 milliards de dollars, un niveau supérieur aux attentes des analystes.

La semaine dernière, les autres majors – l’américain Chevron, l’anglo-néerlandaise Shell et la française Total- ont elles aussi publié de bons chiffres, parfois supérieurs aux prévisions de la communauté financière. Seul ExxonMobil, la plus grosse compagnie cotée, a déçu avec un bénéfice en hausse de 16 %, mais inférieur aux attentes.

Des cours « solidement ancrés »

Plus de deux ans après le plus-bas, touché en janvier 2016, les cours de l’or noir paraissent désormais « solidement ancrés » à un niveau« normalisé », estiment les analystes d’UBS. Le baril de Brent de la mer de Nord s’échangeait en moyenne à 67 dollars au cours des trois premiers mois de l’année, en hausse de plus de 20 % sur un an.  La progression s’est poursuivie en avril, le cour du Brent dépassant 75 dollars mardi .

Les divisions exploration-production des compagnies pétrolières touchent les dividendes de cette remontée en flèche, d’autant qu’elles ont drastiquement réduit leurs coûts avec la chute des cours, et qu’elles n’ont pas relâché la pression depuis. Les majors profitent aussi de la demande mondiale soutenue pour les produits pétrochimiques dérivés du pétrole. Les marges dans le raffinage, en revanche, ont faibli, pâtissant, à l’inverse, de la hausse de cours du brut.

Record battu chez Total

Aujourd’hui, les majors pompent pétrole et gaz à un rythme plus que soutenu. Total a vu sa production d’hydrocarbures augmenter de plus de 5 % au premier trimestre, à 2,7 millions de barils équivalent pétrole par jour, du jamais-vu. Le précédent record datait de 2003. De nouveaux champs sont entrés en service, comme  le site de gaz naturel liquéfié de Yamal en Russie ou Moho Nord au Congo. Et Total intègre désormais la production du danois  Maersk Oil, dont l’acquisition vient d’être finalisée .

Patrick Pouyanné, le PDG, a légèrement relevé ses prévisions pour l’ensemble de l’année, où la production devrait augmenter de « plus de 6 % ».

LesEchos