Pétrole des investissements en hausse de 7 % en 2018 à 382 milliards de dollars

Initiée en 2017 après deux années de chute, la reprise des investissements dans l’exploration-production des hydrocarbures s’est confirmée l’année dernière, selon une analyse de l’IFPEN publiée le 5 février 2019. Les compagnies pétrolières et gazières ont investi 382 Md$ dans ces opérations en 2018, soit une hausse de 24 Md$ (+ 7%) par rapport à 2017. L’Amérique du Nord a bénéficié d’un tiers de l’investissement mondial.

Passés de 655 Md$ en 2014 à 483 Md$ en 2015 puis 338 Md$ en 2016, les investissements dans l’E&P ont ensuite connu un rebond à partir de 2017 à 358 Md$ pour atteindre 382 Md$ l’année dernière, précise l’étude de l’IFPEN.

Comme en 2017, la hausse des investissements est inégalement répartie puisque la zone Amérique du Nord a connu une croissance de 18 % contre +2,4 % pour le reste du monde. La zone Asie-Pacifique se place en deuxième position avec une croissance de 7 % par rapport à 2017.

Enfin, après quatre années de déclin, les investissements repartent également en Europe (+ 5%) compte tenu de la reprise des opérations en Norvège et au Royaume-Uni.

Pour ce qui est des autres zones, les Capex sont en hausse de +2% en Amérique latine et de 1,6 % au Moyen-Orient, stables en CEI, mais en baisse 3 % en Afrique. « L’exploration et le développement de projets pétroliers et gaziers en Afrique sont chers et plus compliqués d’un point de réglementaire que dans d’autres régions du monde », note l’IFPEN.

Les Etats-Unis : plus de 20 % de l’activité mondiale de forage.

L’année dernière, l’activité mondiale de  forage a continué de progresser (+ 7%), principalement à terre (+ 8 %, à 67 000 puits) alors que l’offshore a continué à baisser (- 4 %, à  2 300 puits).

Aux Etats-Unis, 15 000 puits horizontaux ont été forés pour les hydrocarbures non conventionnels, ce qui représente plus de 20 % de l’activité mondiale.

En 2018, le chiffre d’affaires mondial du forage à terre devrait dépasser les 20 Mds$ (+ 15 % et celui du forage en mer baisser de 10 % à 24 Mds$. Quant au marché de la fracturation hydraulique, il devrait se rapprocher des 37 Mds$ (+ 35 %), « ses plus hauts niveaux depuis 2014 ».

Construction offshore : plus de projets mais une valeur globale en baisse

Sans surprise, le chiffre d’affaires mondiale de l’activité géophysique, tous segments confondus, devrait être comparable à 2017 et s’établir autour de 7 Mds$. « Après trois années de fortes baisses, malgré les multiples réorganisations du secteur, le rebond du marché n’a toujours pas eu lieu », notent les experts de l’IFPEN.

L’année dernière, le nombre de navires sismiques a encore baissé de 10 % et moins d’un tiers des 115 unités recensées est en opération.

Pour la deuxième année consécutive, après le point bas de 2016, le nombre de projets offshore approuvés est en hausse (+ 29 %). « Le retour du prix du baril au-dessus de 60 $ rend viables les projets mis précédemment en stand-by », explique l’IFPEN, rappelant que les compagnies, « après avoir décalé dans le temps les projets de développement, sont confrontées au maintien de leur production ».

Cependant, les projets étant réalisés « dans un contexte de prix des services déprimés » et « étant principalement centrés sur l’offshore peu profond moins capitalistique », le marché de la construction « devrait baisser de 8 % en valeur par rapport à 2017 et s’établir à 37 Mds$ ».

« La reprise est un peu décevante pour le secteur parapétrolier et paragazier français », a commenté Didier Houssin, président de l’IFPEN, lors d’une présentation à la presse. En effet, les grands projets offshore, sur lesquels la filière française des services au secteur de l’O&G est particulièrement bien positionnée, ne sont pas repartis.

Pour 2019, les experts de l’institut de recherche tablent sur une croissance de 3 à 8 % des investissements dans l’E&P pour atteindre 393 à 412 Mds$.

Source : Pétrole et Gaz